L'attachement, clé de nos relations : le rôle de la thérapie
Qu'est-ce que l'attachement ?
L'attachement est un besoin primaire : pour survivre, un bébé doit s'attacher à une figure maternelle. La plupart du temps, il s’agit de la maman. Le fait qu’une personne s'occupe de manière répétée du bébé est nécessaire à la survie de l’espèce.
Si l’enfant ne trouve pas ça, il ne va pas pouvoir se développer. Lors des 1000 premiers jours, le bébé a besoin de sentir qu'il est le centre du monde pour sa mère et qu'elle répond à ses besoins primaires de nourriture, de sécurité, de soins, d'affection, de câlins, ...
La mère va avoir une sorte de super pouvoir de rassurer l’enfant en situation de stress, car plein de choses stressent les bébés, que ce soit un stress intérieur ou qui vient de l’extérieur. Les bruits par exemple peuvent inquiéter ou angoisser certains bébés.
Si ses besoins sont entendus et tout va bien, l'enfant va développer ce qu'on appelle un attachement sécure. Si ce n’est pas le cas, cela génère alors beaucoup de frustration et un sentiment de perte d’identité. L’enfant va s’ajuster à cela et développer des stratégies pour survivre à une situation dysfonctionnelle.
Ce vécu des 1000 premiers jours influence notre façon de nous lier aux autres, de nous engager, de demander de l'aide, de nous détacher, toute notre vie.
Ce qu'un attachement sécure permet : des relations harmonieuses
Quand l'attachement est sécure, il devient un port d'attache : il offre une sécurité intérieure qui permet d'aller vers les autres sans se perdre. Concrètement, il rend possible :
de s'engager avec confiance, sans peur de l'abandon ni se sentir prisonnier.
de ressentir, exprimer ses émotions et besoins, et savoir demander de l'aide.
de vivre l'intimité et la vulnérabilité, sans se protéger derrière une carapace.
de se rapprocher et pardonner après un conflit.
de rester soi-même tout en étant en lien : ni fusionné, ni isolé.
de se détacher sans se désorganiser, si la relation s'arrête.
Une relation harmonieuse repose sur un équilibre : l'équilibre entre autonomie et vie à deux. C'est exactement ce que l'attachement sécure permet. La vraie liberté n'est pas de refuser l'engagement, c'est de choisir ses attachements.
Quand l'enjeu d'attachement s'est mal passé ?
Quand ces fondations ont manqué, la relation à l'autre se joue sur le mode de l'angoisse avec différents symptômes qui dépendent de la construction psychique de chacun :
On a besoin d'être rassuré en permanence et on a peur de l'abandon.
On éprouve difficulté à recevoir l'amour (le bon reste en surface et on a du mal à l'intégrer).
On souffle le chaud-froid, avec des envies puis des rejets.
On est enfermé dans une carapace qui envoie le message « je n'ai besoin de personne »
Ou on a peur du lien lui-même et de s'engager dans une relation par exemple.
Ces schémas se répètent souvent d'une relation à l'autre, sans qu'on en comprenne la mécanique : on reproduit ce que l'on a vécu, ou son contraire.
Comment cela se rejoue et se répare en thérapie ?
La bonne nouvelle c'est que l'attachement se transforme dans la relation. En Gestalt, l'attachement de la personne se rejoue dans le cabinet : les vieux schémas remontent, mais cette fois dans un cadre différent.
Dans la relation thérapeutique, le praticien incarne à la fois une figure maternelle (qui accueille, rassure, écoute) et une figure paternelle (qui fixe des limites saines). La relation se tisse avec une mère suffisamment bonne, régulière, fiable et prévisible. Peu à peu, la personne fait une expérience nouvelle : « je peux être vulnérable, exprimer mes besoins, et l'autre reste là et me soutient. »
C'est cette expérience vécue, répétée, qui répare : ce que l'attachement n'a pas pu construire dans l'enfance s'apprend désormais dans la relation. On ne change pas le passé, mais on change son impact sur le présent, et cela ouvre la possibilité de relations plus harmonieuses.
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